2021-01-26

« Après l’hiver, vient le printemps”

25 janvier 2021, 14:18 | Radio Svaboda
Ihar Losik.
Source : t.me/kyky_org

Consultant de Radio Svaboda, administrateur de la chaîne de messagerie Telegram Belamova, Ihar Losik a mis fin à sa grève de la faim au 42e jour. Cela a été annoncé par l’avocat Dzmitry Lepretar qui a rendu visite au prisonnier politique dans le centre de détention SIZO de Jodzina, le 25 janvier.

Par l’intermédiaire de l’avocat, Ihar a transmis ce message à tous ceux qui l’ont soutenu :

« J’ai décidé de mettre fin à ma grève de la faim. Pourquoi ai-je fait ça ? Ce qui est sûr, je l’ai fait par choix personnel. Je n’ai pas mangé depuis plus de quarante jours, et je ressens la force et la capacité de tenir plus longtemps. Mais j’ai été bouleversé par l’incroyable vague de solidarité. Et aussi par les centaines et milliers de Bélarussiens me demandant d’arrêter la grève de la faim et d’attendre en bonne santé notre victoire commune. 

Je sais aussi que de nombreuses personnes ont également commencé une grève de la faim pendant que je faisais la mienne. Je ne peux pas assumer un si lourd fardeau de responsabilité, je ne veux pas que les autres souffrent pour mon choix conscient. En lisant tous vos appels dans des lettres, j’ai réalisé que je ne pouvais tout simplement causer du chagrin ou de l’inquiétude, ni à ma famille, ni à vous tous.

Je n’ai jamais eu envie de me démarquer, je ne voulais pas attirer l’attention du grand public.

Je voulais juste vivre en paix et élever ma fille. Mais j’ai été obligé de prendre cette mesure extrême.

J’ai été arrêté bien avant les élections et je n’avais aucune idée, je n’avais pas réalisé les changements cruciaux qui se sont produits au cours des six derniers mois. De prison, ce n’est pas si évident. J’ai réalisé que je pouvais compter sur vous, car vous réussirez. Maintenant, j’en suis absolument sûr. Vous faites preuve de compassion et de solidarité, et eux, ils ne se soucient pas de la souffrance de centaines de familles, d’enfants, ils ne se soucient pas de vies humaines. On peut compter sur vous. Nous vivons une époque où il n’y a pas de mauvaises décisions mais il y a le passage aux actes.

Après l’hiver, vient toujours le printemps. La nuit cède la place à l’aube. Personne n’a jamais pu annuler des processus historiques, ni les arrêter, par décrets, arrestations ou fusillades.

Un grand merci à vous tous pour votre soutien, j’attendrai de bonnes nouvelles.

PS : Beaucoup ont écrit que je ne parviendrais à rien. Ce n’est pas vrai. Par mon action, j’ai attiré l’attention non seulement sur mon cas, mais aussi sur la situation des prisonniers politiques dans notre pays. Maintenant, on parle de nous tous à haute voix et sur toutes les places possibles pour exiger la libération des innocents arrêtés et condamnés. C’est beaucoup. J’espère qu’avec la fin de ma grève de la faim, le sujet des prisonniers politiques restera à l’ordre du jour public. Merci encore pour votre soutien et votre solidarité. »

  • Ihar Losik est en centre de détention depuis le 25 juin 2020 ce qui fait 212 jours. Depuis le 15 décembre 2020, Ihar avait refusé de manger pour protester contre un nouveau chef d’accusation en vertu de l’article 293, à savoir la préparation à la participation à des émeutes de masse.
  • Auparavant, Ihar n’était inculpé qu’en vertu de l’article 342 du Code pénal – organisation et préparation d’actions violant gravement l’ordre public.
  • L’état de santé d’Ihar a commencé à se détériorer après un mois de grève de la faim, et la semaine dernière, il a été transféré dans une cellule avec vidéosurveillance 24h sur 24. Selon les mots du prisonnier, celui-ci a de graves problèmes de tension artérielle qui change brusquement en cours de journée. Les médecins de la prison visitent périodiquement Ihar dans sa cellule et un psychologue lui a également parlé.